Un poisson redécouvert
Pterapogon kauderni a été décrit en 1933 par Koumans, à la suite d'une collecte réalisée par le Dr. W. Kaudern en 1922 autour de l'île de Banggai située à l'Est des Célèbes, en Asie du Sud-Est.
Totalement ignoré durant plus d'un demi-siècle, il fût redécouvert par Kal Mulet, spécialiste des poissons indonésiens lors d'une plongée après laquelle il en parla au Dr. Gerald R. Allen, spécialiste de l'identification des poissons tropicaux. Celui-ci écrivit alors un article pour la revue américaine Tropical Fish Hobbyist en mai 96.
Les premiers exemplaires de Pterapogon kauderni firent leur première apparition sur le marché aquariophile au salon animalier "Interzoo" de Nürenberg en mai 1996.
Fin 1996, une réglementation sur sa pêche limita les prélèvements de Ptérapogons dans le but de protéger cette espèce dont la répartition géographique est très limitée.
Aujourd'hui, les découvertes en matière de reproduction de ce poisson permettent d'espérer que sa propagation dans le monde de l'aquariophilie ne se fasse plus que sur la base d'individus provenant d'élevages.
Description
Le nom familier de poisson-cardinal est donné à tous les Apogonidés et donc également à Pterapogon kauderni. Son corps est assez fortement comprimé latéralement avec une grande bouche descendant obliquement depuis le milieu de la tête. Sa taille adulte est d'environ 6 à 7 cm. Il présente une couleur de fond dans les blancs crèmes argentés, plus foncée vers l'arrière du corps. Quelques taches blanches sont distribuées de façon irrégulière sur la partie centrale du corps. Toute la hauteur de la tête, y compris l'½il, est traversée par une bande noire transversale, légèrement oblique. Une deuxième bande s'étire depuis la première dorsale jusqu'à la base des nageoires pelviennes, elles-mêmes noires ponctuées de points blancs sur la partie arrière. Enfin, une dernière bande court de la seconde dorsale jusqu'à l'anale. Chaque bande se prolonge sur les nageoires qui lui sont associées et sont finement ourlées de blanc. Les deux dorsales et l'anale sont très allongées. La caudale, transparente, présente deux bandes noires horizontales ponctuées de blanc. Les pectorales sont uniformément transparentes.
Mode de vie
Pterapogon kauderni se rencontre le plus souvent dans les zones sableuses où poussent des algues supérieures et des plantes marines, le long des rivages, en arrière du récif corallien. Il vit en petits groupes d'une dizaine d'individus à proximité d'oursins diadèmes. En cas de danger, il se réfugie entre les longues épines acérées qui lui fournissent également une cachette quasi mimétique étant donné le patron de coloration de sa robe (en particulier les bandes noires). Dans la nature, il se nourrit vraisemblablement de micro-organismes et de plancton.
Reproduction
Il semblerait que le couple une fois formé parade quelques heures avant la ponte, toutes nageoires déployées. Vers la fin de la parade un des deux individus est dominé par son partenaire. L'accouplement se traduit par une brève étreinte et l'émission d'½ufs englués dans une sorte de gelée translucide. Ensuite, l'individu dominé prend les ½ufs dans sa bouche où il les incube durant environ une vingtaine de jours. Période durant laquelle il ne s'alimentera pas. Le poisson ne semble pas en souffrir grâce à des réserves de graisse qu'il peut mobiliser pour cette période. Certaines études semblent montrer que l'individu incubateur est le mâle alors que d'autres chercheurs affirment que c'est la femelle. Une récente théorie affirme qu'il y a échange d'une fois à l'autre...
Une fois les alevins lâchés, le parent incubateur ne s'y intéresse plus et s'alimente de façon gloutonne pour reformer ses réserves. Les alevins se réfugient rapidement entre les épines des oursins pour ne plus les quitter durant toute la première partie de leur vie.
La stratégie de reproduction de Pterapogon kauderni est de type K, avec des soins parentaux développés pour une production d'alevin restreinte mais avec un taux de survie très élevé. En aquarium le nombre d'alvins observés a varié entre 10 et 47. L'aquarium de Monaco, pour sa part, a réussi des reproductions avec un taux de survie de 100%.
Le mode de vie et de reproduction de Pterapogon kauderni explique sa faible répartition géographique. En effet, les petits restant proche de leurs parents, dans un oursin voisin voire dans le même, l'extension de l'espèce ne se fait que très lentement au gré " d'accidents ".
Questions à éclaircir
Un certain nombre de points restent sans réponses pour l'instant. Je voudrais par cette recherche participer à mieux connaître ce poisson extraordinaire qui, rappelons le, est à notre connaissance, le seul poisson marin à pratiquer l'incubation buccale.
Existe-t-il des signaux entre partenaires sexuels et si oui, de quel modalité s'agit-il ?
Existe-t-il un ou des stimuli déclencheurs en vue de la reproduction ?
L'incubateur est-il toujours du même sexe et de quel sexe s'agit-il ?
Existe-t-il une forme de signaux entre parents et progéniture ?
Les alvins sont-ils capables de survivre sans la présence des parents ?
Le but de cette recherche est donc de tenter de trouver des réponses à ces questions ou pour le moins de pouvoir proposer des hypothèses solides, basées sur une observation rigoureuse dans le milieu reconstitué en aquarium.
Expériences proposées
L'expérience principale concerne le sexe de l'incubateur. J'aimerai tout d'abord former un couple afin de le faire se reproduire. Il faudra alors marquer l'individu incubateur et voir si lors de reproductions ultérieures le même individu incube à nouveau. Si aucun dimorphisme sexuel n'est constaté, il faudra procéder à une analyse anatomique dans un laboratoire.
Une observation rigoureuse à différents moments de la journée et de la nuit permettra de noter d'éventuelles unités de communication entre partenaires et avec la progéniture. Ces observations seront filmées pour permettre un décodage fin.
Des alevins seront séparés des parents dès l'expulsion et mis en présence d'oursins pour voir s'ils s'y réfugient d'eux-mêmes. Ce bac permettra également de se rendre compte si les jeunes sont capables de survivre sans la présence des parents.
Pterapogon kauderni a été décrit en 1933 par Koumans, à la suite d'une collecte réalisée par le Dr. W. Kaudern en 1922 autour de l'île de Banggai située à l'Est des Célèbes, en Asie du Sud-Est.
Totalement ignoré durant plus d'un demi-siècle, il fût redécouvert par Kal Mulet, spécialiste des poissons indonésiens lors d'une plongée après laquelle il en parla au Dr. Gerald R. Allen, spécialiste de l'identification des poissons tropicaux. Celui-ci écrivit alors un article pour la revue américaine Tropical Fish Hobbyist en mai 96.
Les premiers exemplaires de Pterapogon kauderni firent leur première apparition sur le marché aquariophile au salon animalier "Interzoo" de Nürenberg en mai 1996.
Fin 1996, une réglementation sur sa pêche limita les prélèvements de Ptérapogons dans le but de protéger cette espèce dont la répartition géographique est très limitée.
Aujourd'hui, les découvertes en matière de reproduction de ce poisson permettent d'espérer que sa propagation dans le monde de l'aquariophilie ne se fasse plus que sur la base d'individus provenant d'élevages.
Description
Le nom familier de poisson-cardinal est donné à tous les Apogonidés et donc également à Pterapogon kauderni. Son corps est assez fortement comprimé latéralement avec une grande bouche descendant obliquement depuis le milieu de la tête. Sa taille adulte est d'environ 6 à 7 cm. Il présente une couleur de fond dans les blancs crèmes argentés, plus foncée vers l'arrière du corps. Quelques taches blanches sont distribuées de façon irrégulière sur la partie centrale du corps. Toute la hauteur de la tête, y compris l'½il, est traversée par une bande noire transversale, légèrement oblique. Une deuxième bande s'étire depuis la première dorsale jusqu'à la base des nageoires pelviennes, elles-mêmes noires ponctuées de points blancs sur la partie arrière. Enfin, une dernière bande court de la seconde dorsale jusqu'à l'anale. Chaque bande se prolonge sur les nageoires qui lui sont associées et sont finement ourlées de blanc. Les deux dorsales et l'anale sont très allongées. La caudale, transparente, présente deux bandes noires horizontales ponctuées de blanc. Les pectorales sont uniformément transparentes.
Mode de vie
Pterapogon kauderni se rencontre le plus souvent dans les zones sableuses où poussent des algues supérieures et des plantes marines, le long des rivages, en arrière du récif corallien. Il vit en petits groupes d'une dizaine d'individus à proximité d'oursins diadèmes. En cas de danger, il se réfugie entre les longues épines acérées qui lui fournissent également une cachette quasi mimétique étant donné le patron de coloration de sa robe (en particulier les bandes noires). Dans la nature, il se nourrit vraisemblablement de micro-organismes et de plancton.
Reproduction
Il semblerait que le couple une fois formé parade quelques heures avant la ponte, toutes nageoires déployées. Vers la fin de la parade un des deux individus est dominé par son partenaire. L'accouplement se traduit par une brève étreinte et l'émission d'½ufs englués dans une sorte de gelée translucide. Ensuite, l'individu dominé prend les ½ufs dans sa bouche où il les incube durant environ une vingtaine de jours. Période durant laquelle il ne s'alimentera pas. Le poisson ne semble pas en souffrir grâce à des réserves de graisse qu'il peut mobiliser pour cette période. Certaines études semblent montrer que l'individu incubateur est le mâle alors que d'autres chercheurs affirment que c'est la femelle. Une récente théorie affirme qu'il y a échange d'une fois à l'autre...
Une fois les alevins lâchés, le parent incubateur ne s'y intéresse plus et s'alimente de façon gloutonne pour reformer ses réserves. Les alevins se réfugient rapidement entre les épines des oursins pour ne plus les quitter durant toute la première partie de leur vie.
La stratégie de reproduction de Pterapogon kauderni est de type K, avec des soins parentaux développés pour une production d'alevin restreinte mais avec un taux de survie très élevé. En aquarium le nombre d'alvins observés a varié entre 10 et 47. L'aquarium de Monaco, pour sa part, a réussi des reproductions avec un taux de survie de 100%.
Le mode de vie et de reproduction de Pterapogon kauderni explique sa faible répartition géographique. En effet, les petits restant proche de leurs parents, dans un oursin voisin voire dans le même, l'extension de l'espèce ne se fait que très lentement au gré " d'accidents ".
Questions à éclaircir
Un certain nombre de points restent sans réponses pour l'instant. Je voudrais par cette recherche participer à mieux connaître ce poisson extraordinaire qui, rappelons le, est à notre connaissance, le seul poisson marin à pratiquer l'incubation buccale.
Existe-t-il des signaux entre partenaires sexuels et si oui, de quel modalité s'agit-il ?
Existe-t-il un ou des stimuli déclencheurs en vue de la reproduction ?
L'incubateur est-il toujours du même sexe et de quel sexe s'agit-il ?
Existe-t-il une forme de signaux entre parents et progéniture ?
Les alvins sont-ils capables de survivre sans la présence des parents ?
Le but de cette recherche est donc de tenter de trouver des réponses à ces questions ou pour le moins de pouvoir proposer des hypothèses solides, basées sur une observation rigoureuse dans le milieu reconstitué en aquarium.
Expériences proposées
L'expérience principale concerne le sexe de l'incubateur. J'aimerai tout d'abord former un couple afin de le faire se reproduire. Il faudra alors marquer l'individu incubateur et voir si lors de reproductions ultérieures le même individu incube à nouveau. Si aucun dimorphisme sexuel n'est constaté, il faudra procéder à une analyse anatomique dans un laboratoire.
Une observation rigoureuse à différents moments de la journée et de la nuit permettra de noter d'éventuelles unités de communication entre partenaires et avec la progéniture. Ces observations seront filmées pour permettre un décodage fin.
Des alevins seront séparés des parents dès l'expulsion et mis en présence d'oursins pour voir s'ils s'y réfugient d'eux-mêmes. Ce bac permettra également de se rendre compte si les jeunes sont capables de survivre sans la présence des parents.
